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maréchal Soult eût soixante mille hommes : c’est à peines’il bloque les forteresses qu’il rencontre ; et l’on ne dirapas qu’il n'ij avait pas d’armée française de ce côté :Suchet avait encore quinze mille hommes. N’y a-t-il pasdans la nature des choses, dans l’instinct humain, basedes principes, quelques moyens de reconnaître quand etcomment il faut se servir de l’obstacle de la fortification?et s’il y en a, comment les découvrir, comment les déga-ger de cet esprit de corps, véritable obscurant qui portechacun à faire prévaloir son arme, préoccupation quinous invite à ne former nos armées, tantôt que d’unemasse d’infanterie, tantôt que d’une force démesurée decavalerie, demain d’une bande de canons ou d’un amasde pierres de taille rangées en ligne ; les premières ser-vant de vedettes, et les plus grosses de réserves, selonque l’on est fantassin, hussard, canonnier ou ingénieur?Qui donc s’établira juge dans ce procès et démêlera lapart légitime que les fortifications doivent avoir à laguerre. Nous croyons que ce rôle est dû à l’histoire, etqu’à elle seule appartient de résoudre la question : aussiallons-nous essayer de l’étudier dan le cours de cetouvrage.
Mais ce n’est pas l’histoire complaisante ou tronquéeque nous voulons consulter. Celle-là est une courtisaneflatteuse qui se ploie à toutes les ambitions : celle à la-quelle nous voulons avoir recours ne s’efforce point defaire adopter une théorie, fût-elle fallacieuse dans un butde succès personnel ou d’amour-propre. Nous repous-sons l’histoire adulatrice qui, arrachant quelques pagesdu grand livre des faits, en fabrique une relation parti-culière à l’usage, seul, de ceux que l’on veut former à sapropre image , et de laquelle ou formule des axiomes etdes théorèmes fondés sur de rares exceptions ingénieu-sement rapprochées, dont on compose anuité une théorie