131 —
années de la révolution. Les manœuvres rapides tinrentlieu de l’instruction que les chefs n’avaient d’abord puacquérir dans leurs carrières primitives. La vivacité desmouvements tint aussi lieu de génie aux Suwaroi' etaux Blücher ; mais toutes les fois qu’ils furent forcés àla défensive, les principes reprirent leurs droits momen-tanément suspendus par l’emploi de la masse multipliantla vitesse ; on l’a bien vu, du reste, en 1813 et 1814 ;amenez vos forces sur le .point faible de voire ennemi ,découvrez, saisissez la clef de sa ligne, et si par la rapi-dité de vos marches vous y concentrez vos moyens prin-cipaux , vous serez victorieux ou du moins vous êtes enmesure de letre, vous avez tous les as , comme le ditNapoléon ; quoique réellement inférieur par le total, lamasse multipliant la vitesse remplace le nombre, et lenombre couvre bien des fautes (1). C’est là le secret deVauxchamp, Montmirail, Mormant et de tant d’autresactions.
Et pour ne pas le passer sous silence , les retranche-ments ont encore un double défaut, c’est qu’ils serventautant à ceux qui attaquent qu’à ceux qui sont attaqués ;car ils les séparent réciproquement et en sont égalementcouverts.
Vous rassemblez vos forces sur une ligne de placesorganisées d’après le système de la doctrine ; ainsi vousavez, par exemple, de la mer au Ehin votre armée sub-divisée en 20, 30 pelotons. Vous allez essayer de formerune armée en partant de ces 30 places par autant de dé-tachements : si l’ennemi n’est pas massé devant vous,comme il arriva à Waterloo, cela a peu d’inconvénients ;mais si déjà son armée est réunie près d’un des pointsde votre longue ligne, tous vos corps, obligés d’obliquer
(i) Mémoires de Napoléon, vol. vu, page 207 .