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particulier, comme au temps de l’invasion de l’empireromain par les Barbares ; c était une sorte de renouvel-lement de la guerre féodale, qui ne pouvait avoir desuccès contre la masse toujours ralliée de l’armée anglo-espagnole et portugaise.
Les lignes d’opérations en Russie étaient traitées dela même manière; chaque maison de poste était un petitfort; et bien que Napoléon affirme n’avoir jamais manquéde nouvelles de Paris, l’on ne peut se dissimuler que cesystème ne fût également du vrai Darçon mis en menuemonnaie , avec des propriétés encore plus dissolvantes.Les empires ne se sauvent point ainsi : par ce moyen l’ondéveloppait, il est vrai, les qualités militaires indivi-duelles des officiers de ces compagnies ainsi livrées àelles-mêmes ; mais aussi on les encourageait à la rapa-cité des anciens seigneurs, outre que l’on morcelait tropl’armée, qui ne faisait plus que la guerre au pain et àl’argent, tout en repoussant les partisans. Non-seule-ment les armées françaises étaient devenues des colonies,ayant bouchers, boulangers, tailleurs, cordonniers, meu-niers , armuriers, décorateurs, poètes, acteurs, artis-tes , auteurs même, charpentiers, maçons , fondeurs,forgerons, moissonneurs, laboureurs ; chaque subdivi-sion en était réduite à faire tous ces métiers hors celuide soldat, et chaque capitaine était un petit baron levantdes contributions, pour son compte, sur les passantset les villages voisins, quitte à en rendre la dîme auchef-lieu, au comte ou au haut baron.
Enfin, rappelons ce qu’écrivait Napoléon sur les li-gnes d’opérations : « Dans tous les cas, il faut toutesles cinq ou six marches , faites attention, une place-forteou une position retranchée sur la ligne d’opérations pour1° y réunir des magasins de bouche; 2° y organiser desconvois; 3° en faire un centre de mouvement; 4° un point