8 HISTOIRE DE LA GUERRE
Un empire fondé comme celui de Napoléonne peut jamais reposer sur des bases solides : unefaute en politique, un revers dans une campagne,l’exposent à chaque instant à des tempêtes quetoute la vigueur de son chef ne peut surmonter :il était donné à l’empereur des Français de four-nir un mémorable exemple de cette vérité. C’estune ample matière à méditations que de voir lepremier coup porté à la puissance de Napo-léon , le coup qui décida par la suite de sa for-tune , partir d’un point qu’il regardait lui-mêmeplus que tout le monde, et qu’il avait juste-ment sujet de regarder, comme le moins dan-gereux.
Lorsque les souverains de l’Europe jugèrentnécessaire de s’opposer à main armée aux pro-grès de la révolution française, les cours deMadrid et de Lisbonne s’engagèrent avec uneapparente cordialité dans la ligue générale. L’Es-pagne envoyait une armée sur les Pyrénées, àlaquelle se joignirent quelques bataillons portu-gais , tandis que le cabinet de Lisbonne armaitneuf vaisseaux de ligne pour suivre la fortunede la flotte anglaise. La guerre dans le midi de laFrance fut dirigée avec négligence et maladresse.Aussi long-temps il faut le dire que l’attention dudirectoire fut fixée sur des objets plus importants,les alliés obtinrent quelques succès, mais ils ne