Band 
Tome premier.
Seite
21
JPEG-Download
 

ai

DE LA PÉNINSULE,lui fut permis d’assister aux processions, tantque l’église parut ne rien perdre de son anciennesplendeur, il s’inquiéta peu des affaires de sonroyaume, et de la situation de son peuple. Lesnobles qui entouraient le ti’ône n’étaient ni pluspatriotes ni plus vertueux que les nobles es-pagnols. En Portugal comme en Espagne, onne trouvait d’esprit national que parmi lespaysans, qui, en dépit de l’influence corrup-trice de la noblesse, conservèrent un caractèreentreprenant, une bravoure et une fidélité àtoute épreuve.

On a dit que Godoy ne pouvait être véritable-ment accusé de s’être soumis volontairement etsciemment au joug que la France a imposé à sapatrie; il le supporta avec douleur comme lamasse du peuple ; et, comme la suite le démon-tra , ce ne fut que la crainte accablante des con-séquences qui l’empêcha de faire de vigoureuxefforts pour le secouer. Enfin l’opinion publi-que se manifesta avec tant de force à ce sujet,qu’il se détermina à faire quelque tentative pourla favoriser. Le plan qu’il imagina et la méthodequ’il suivit pour le mûrir sont déjà connus;mais avant de nous y arrêter il faut reproduirela série des évènements qui s’y rattachent, commeétant leurs causes immédiates; et il ne sera pasnon plus déplacé de présenter ici une courte