DE LA PÉNINSULE. a3
soit en Portugal ; avant qu’aucune communica-tion eût été faite à l’Angleterre, il parut tout-à-coup une proclamation du prince de la Paixappelant aux armes tous les bons Espagnols afinde délivrer leur pays des maux qui le menaçaient.Cette proclamation parut au moment où Bona-parte ouvrait la campagne de Prusse; la teneuren était telle que personne ne püt s’y méprendre.Elle produisit un effet prodigieux, mais précisé-ment en sens inverse de celui qu’on en attendait.
Le baron Strogonoff et l’ambassadeur portu-gais, également étonnés de l’extrême imprudencede cette démarche, ne tardèrent pas à désavouertoute espèce de participation dans un projetqu’ils s’accordaient alors à condamner. La courde Lisbonne craignait tellement qu'on ne lasoupçonnât d’avoir pris part à la conspiration,qu elle força le comte de Saint-Vincent, qui oc-cupait le Tage avec une flotte, à s’éloigner.Godoy vit de suite la folie de l’action à laquellesa pétulance naturelle l’avait entraîné; il se hâtad’offrir à l’ambassadeur de France les explica-tions qu’il jugeait propres à tempérer la colèrede Napoléon, et il envoya auprès de celui-ci sonagent particulier, don Eugenio Izquierdo, faireen son nom, et à Napoléon en personne, lesplus viles soumissions. Il fit paraître en mêmetemps certains paragraphes dans les journaux