DE LA PÉNINSULE. 29
la Baltique. Il fit même ajouter à ce contingentsix mille soldats commandés par le généralO’ Farrel, qui arrivaient de la Toscane; de ma-nière que presque toutes les troupes régulières ,les seules sur lesquelles le gouvernement dûtcompter, furent transportées si loin de l’Es-pagne qu’elles ne pouvaient lui être d’aucuneutilité. Mais la mauvaise foi de l’empereuralla encore plus loin 1 , car, au moment mêmeoù il assurait Ferdinand de sa protection et desa considération, il engageait le faible Charles àrépandre de nouvelles faveurs sur Godoy, demanière à enivrer à-la-fois le roi et le favori,l’un de joie, l’autre de vanité. Par ces moyens,et en paraissant incliné à soutenir les projets età favoriser les désirs de chaque parti, non seu-lement il les tint en suspens, mais, par cette
tout concilier et (le trouver (les occasions de lui donner despreuves de mon affection et de ma parfaite estime.
Sur ce, je prie Dieu, etc.
Signé Napoléon.
Bayonne, le 16 avril 1808.
1 Quelle mauvaise foi y avait-il à demander l’exécution d’unecondition stipulée? Fallait-il, après avoir acquis la preuve desmauvaises dispositions du prince de la Paix aux avantages dutraité d’alliance pour lui, laisser les moyens de nous nuire plus àà l’aise ? L’auteur vient de dire qu après cette levée de boucliersNapoléon pouvait marcher sur l’Espagne sans encourir le moindreblâme ; et il l’accuse de mauvaise foi pareequ’il appelle à lui lecontingent stipulé !