3a HISTOIRE DE LA GUERREplir, l’Europe n était pas assez imprévoyante pourdouter un seul instant de leurs fins. D’abord l’of-ficier général placé à la tête de cette armée avaitlong-temps occupé le poste d’ambassadeur deFrance à la cour de Lisbonne, et, malgré sonabsence, il le remplissait encore nominativement.Il est vrai que lors de l’ouverture de la campagned’Autriche Junot avait quitté le siège de sesfonctions diplomatiques , afin d’en remplird’autres mieux adaptées à ses talents et qui s’at-tachaient à son titre d’aide-de-camp de l’empe-reur ; mais c’était par l’ordre positif de son maître,et, au lieu de le remplacer par un ministre entitre, on s était contenté de confier la direction desaffaires à M. de Rayncval, premier secrétaire,ainsique cela se pratique ordinairement en l’ab-sence de l’ambassadeur. Ce fait seul suffisait pourétablir le soupçon qu’il se machinait quelquechose de contraire aux intérêts du Portugal; etsi quelques esprits parurent d’abord portés àconcevoir des doutes, il ne leur fut pas permis deles conserver long-temps. Ce traité de Fontaine-bleau fut à peine signé, que les ministres deFrance et d’Espagne firent une forte remon-trance au prince régent, et requirent que les dé-crets de Berlin et de Madrid fussent strictementexécutés dans tous les ports du Portugal; et onexigea de plus, en menaçant d’un commence-
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