DE LA PÉNINSULE. 4r
cait ouvertement que la maison de Braganceavait cessé de régner fut mis sous ses yeux, ettermina ses incertitudes. Les Anglais qui avaientété arrêtés furent mis en liberté, les propriétéssaisies furent restituées, et la famille royale dePortugal se prépara à quitter sous la protectiondu pavillon britannique l’ancienne résidence dela monarchie. Ces résolutions venaient d’êtreprises, et les préparatifs qu’elles exigeaient com-mencés à la bâte, au moment où Junot entraitdans Abrantès ; et c’est l’avis qu’il reçut de l’émi-gration projetée qui le décida à pousser vers lacapitale sans laisser à ses soldats le' temps de sereposer, ou aux traînards celui de le rejoindre.
La consternation et l’épouvante dont furentfrappés les habitants de Lisbonne quand ils con-nurent les projets de départ du prince sur-passent toute description. Profondément dé-vouées par amour et par habitude à la personnede leur souverain, les classes inférieures virentdans l’émigration projetée le prélude certainde la décadence de la nation et du malheur dechaque individu, tandis que les autres classes,ou tout au moins ceux d’entre elles qui raison-naient, tiraient la conséquence, en voyant lafamille royale abandonner le palais de ses an-cêtres , que la déclaration prophétique du Mo-niteur serait accomplie. Cette circonstance et