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Tome premier.
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54 HISTOIRE DE LA GUERREles branches de l’administration. Ils furent sentisnon seulement dans la capitale, mais encore surles points les plus reculés du royaume. L’armée,déjà à moitié désorganisée, se débanda tout-à-fait.Tel qui avait porté les armes comme soldat neles porta plus que comme pillard. Les paysans dés-espérés refusaient d’ensemencer leurs champs:les classes supérieures, qui faisaient de Lisbonneleur résidence ordinaire, étaient saisies cl'épou-vante et abandonnaient cette cité, qui n’offritbientôt plus que l’aspect d’une ville que la pesteaurait visitée. Il est vrai qu’il se trouva destraîtres pour entourer le trône ducal de l’in-trus , et pour flatter sa vanité ainsi que celle deson maître par les adresses les plus dégoûtantes;mais la masse de la nation sentait vivement lesinsultes et les torts quelle éprouvait : elle sem-blait n’attendre que le moment propice pour sevenger.

Cette nation ne tarda pas à manifester, pardes actes de rébellion que l’insolence tou-jours croissante des Français n’autorisait quetrop, combien elle se sentait offensée ; ces actesétaient toujours suivis des punitions les plusterribles et les plus arbitraires : à Mafra, uncitoyen fut condamné à mort par une commis-sion militaire, et publiquement exécuté, parce-que la populace avait fait connaître, par des