Band 
Tome premier.
Seite
65
JPEG-Download
 

65

DE LA PÉNINSULE.

Ayant réussi au-delà de ses espérances à sefrayer un chemin dans le cœur de l’Espagne, Na-poléon ne pensa pas qu’il fût plus long-tempsnécessaire de cacher ses desseins. De nombreusescolonnes se succédant les unes aux autres sansinterruption traversèrent les Pyrénées, de sorteque de la Bidassoa aux rives du Douro la routefut couverte de troupes. En Catalogne, de nou-veaux détachements arrivaient journellement,et l’armée, dont le commandement en chef avaitété donné au maréchal Bessières, fut bientôtportée à vingt-cinq mille hommes, dont six mille,infanterie et cavalerie, appartenaient à la gardeimpériale. C’est à Murat que l’importante missionde subjuguer l’Espagne fut confiée. Ayant éténommé lieutenant de l’empereur, il prit le com-mandement de l’armée, après avoir quitté Ma-drid , où, au lieu de remplir les fonctions d’am-bassadeur qui lui avaient été ostensiblementassignées, il n'était que l’artisan des dissensionsintérieures qui désolaient la cour 1 .

' Murat n’alla point à Madrid et ne fut pas l’artisan des dissen-sions qui désolaient la cour, avant de prendre le commandementde F armée. Il passa les Pyrénées comme général en chef, et quandil arr.va dans la capitale des Espagnes la conspiration d’Àranjuezétait consommée. Beauharnais n’avait pas cessé d’être ambassa-deur or, que je sache, personne n’a accusé ce diplomate d’avoirsemé le trouble dans la famille royale. Ce qui se passe aujourd’huisuffitpour expliquer ce qui s’est passé il y a vingt ans. Il n’est pasnécessaire de supposer des excitations fausses.

i.

5