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Tome premier.
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DE LA PÉNINSULE. 7 5

harnais représenta à Ferdinand que s’il voulaitaller à Burgos recevoir Napoléon, cette démarcheserait infiniment agréable à ce dernier. Ferdi-nand balança long-temps entre la crainte et l’es-pérance % et ce ne fut que l’arrivée de Savary quifixa ses incertitudes, et qui le porta en quelquesorte malgré lui à donner son consentement.Savary en effet l’assura n’être que l’avant-cou-reur de Napoléon, qui était en route, et qu’ilavait laissé à Bayonne; et qu’ainsi l’empereurne pouvait manquer de se trouver actuellementà Burgos. Selon lui, si Ferdinand voulait con-server l’espoir de se faire reconnaître roi d’Es-pagne, il devait s’appliquer à donner les preuvesles plus convaincantes de son empressement àobéir aux vues de l’homme dans les mains du-quel était sa destinée. Sur cette assurance, Fer-dinand pensa que la prudence ne lui permettaitplus d’hésiter , et, malgré les remontrances de

’ L’espérance et la crainte, voilà quels furent les véritables mo-biles de Ferdinand. Placé entre les protestations de son père, quiinvoquait les secours de son allié contre la violence qui l’avaitdépouillé de la couronne, et les intrigues de Murat, qui cherchaità la mettre sur la tête de Ferdinand, il crut n’avoir rien de mieux àfaire qu’à se concilier, par une démarche éclatante, celui dont sonexistence dépendait. Cette alternative était plus puissante que lesconseils. Étaient-ce d’ailleurs des insinuations étrangères qui de-vaient décider un souverain? n’avait-il pas son conseil pour aiderson inexpérience ? Mais tout cela est si absurde, qu’il a fallu lespassions du moment pour l’accréditer.