DE LA PÉNINSULE. 87
voir de l’ennemi, les soldats dispersés, et les arse-naux et les caisses publiques pillés. Il ne voyaitque l’humiliation où il était réduit, et courut auxarmes avec l’ardeur qui convient à des hommesdéterminés à reconquérir leur liberté ou à périr.
Un gouvernement s'établit inopinément à Sé-ville , sous des formes aussi régulières que l’étatdes choses le permettait, tandis qu’un mouve-ment général éclatait dans les provinces, mouve-ment plus remarquable par le zèle de ceux quis’y laissaient entraîner que par la prudence deschefs qui lq dirigeaient. Le lendemain de cetteinsurrection, une junte composée de vingt-troismembres choisis dans la province parmi la no-blesse , le haut clergé, les officiers-généraux et lesmembres du corps municipal, se rassembla et pritle titre de junte et gouvernement suprême de l’Es-pagne et des Indes. En cette qualité elle arrêtaqu’il se formerait, dans les villes ou villages quirenfermaient deux mille chefs de famille, desjuntes de six personnes chargées d’enrôler sousles étendarts delà patrie tous les hommes de l’âgede seize à quarante-cinq ans. Elle expédia descourriers au capitaine de Cadix, au général Cas-tanos, commandant le campde Saint-Roch , auxgouverneurs des villes de Cordoue, de Grenadeet de Jaen, et à tous les bourgs et villages de laprovince, pour les informer quelle avait pris la