DE LA PÉNINSULE. 147
des soldats d’une valeur éprouvée, ils tinrentferme. Le choc fut affreux, tout le front de l’en'nemi fut complètement détruit, et les cadavresdes hommes qui le formaient furent trouvés à lamême place que ceux-ci avaient occupée pendantl’action. Les Français furent mis en déroute, etpoursuivis avec impétuosité ; ils laissèrent sur lechamp de bataille six pièces de canon : ils es-sayèrent de les reprendre au moment où lessoixante-dixième et quatre-vingt-deuxième régi-ments se reposaient de leurs fatigues dans la val-lée; mais ces régiments se retirèrent à peu dedistance sur un tertre élevé, d’où ils ouvrirentun feu qui produisit les plus grands effets; et,chargeant de nouveau, ils culbutèrent tout cequi se trouvait devant eux.
Les Français combattirent dans cette journéecomme des soldats habitués à vaincre, et quin’ont point encore éprouvé de défaite. Les gre-nadiers delà réserve sur-tout firent des prodigesde valeur ; on les vit s’avancer avec calme sousle feu de la mousqueterie et du canon, et ne lâ-cher pied que lorsque les baïonnettes anglaisesles précipitaient en bas des collines.
Après un carnage sans exemple, et sur-toutdans une armée si nombreuse, l’ennemi fut en-fin débusqué de tous les points. Sur treize millehommes que les Français mirent en ligne, quatre
10 .