166 HISTOIRE DE LA GUERRE
Il ne sera peut-être pas hors de propos derappeler ici le sort qui fut réservé finalementaux soldats de ces garnisons. Dans tous les lieuxde leur passage ils furent assaillis par les huéeset les outrages d’une population furieuse ; et cene fut pas sans les plus grandes difficultés queles escortes parvinrent à les garantir des vio-lences dont ils étaient menacés. Toutefois ils at-teignirent leurs bâtiments -, mais la garnisond’Almeida, destinée à s’embarquer à Oporto,éprouva avant d’avoir pu lever l’ancre un acci-dent qui lui fut fatal. Un caisson militaire qu’ontransportait à bord étant tombé s’ouvrit, et quel-ques vases sacrés s’en échappèrent. Il ne fut pluspossible alors d’arrêter la fureur de la populace.Les bâtiments furent envahis, les Français désar-més, leurs bagages portés à terre et pillés. Lorsqu’illut prouvé que sous le nom de propriétés indi-viduelles on allait transporter au loin les objetsenlevés aux églises du royaume, la vie des soldatscourut un danger imminent. Cependant les au-torités portugaises et les officiers anglais qui setrouvaient sur les lieux obtinrent que le peuples’abstiendrait de toute violence ; mais il n’y eutpas moyen de parler de départ : les soldats aunombre de quatorze cents furent traités commeprisonniers de guerre.
Sur ces entrefaites une division de l’année