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Tome premier.
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DE LA PENINSULE. i 9 3

moins alarmant, on fit courir le bruit que Blakeavait été défait en Biscaye, et qu’on ne savait oùil s’était retiré, après avoir perdu trois millehommes. On disait aussi que les renforts dontnous avions entendu parler avant de quitter lePortugal étaient arrivés à l’armée française, etque leur nombre s’élevait à soixante mille fantas-^ sins et à six à sept mille chevaux. Tout cela était' inquiétant ; mais comme il n’y avait rien d’au-j thentique, et qu’on se plaît toujours à grossir lemal, nous pensâmes qu’il pourrait bien y avoirde l’exagération dans ces rapports. Dans tous lescas nos opérations étaient fort simples, nousn’avions qu’à suivre nos instructions et à nousavancer dans la direction de Madi’id.

Les espérances qu’on nous avait fait concevoirsur la réception qui nous attendait ne furent pasvaines: les habitants, malgré leur indolence,étaient extrêmement polis ; et si le traitement quenous recevions d’eux n’était pas aussi flatteurque celui auquel nous avions été habitués, il estjuste de dire que nous trouvâmes à-peu-près par-tout la même générosité. Ils nous donnaient vo-lontairement ce qu’ils possédaient, sans que nouseussions aucun droit de l’exiger. Nous avançâmesdonc en bon ordre, et animés de la plus vive ar-deur, traversant successivement Medellin, Mia-jadas, Truxillo, Jaraycejo, Almaraz, Naval-Mo-