DE LA PÉNINSULE. 199
on faisait marcher des troupes vers les frontièresde l’Espagne.
Tandis que j’argumente ainsi, je ne dois pasoublier, pour rendre justice à la mémoire d’ungénéral habile et brave, de faire connaître quel-ques raisons qui engagèrent sir John Moore à nepas se jeter à coi’ps perdu dans un abyme de dan-gers. Les avis que recevait la junte suprême ainsique lui étaient défectueux; on ne pouvait ajou-ter aucune foi aux rapports officiels, et il étaitimpossible de s’assurer secrètement de la vérité.Ce 11e fut que de ses propres officiers, tels que lecolonel Graham, le capitaine Whittingham etautres, que sir John Moore employait à des mis-sions particulières, qu’il parvint à rassemblerquelques faits qui méritassent sa confiance : cesofficiers représentaient les Espagnols non seule-ment comme mal armés et mal équipés, mais en-core comme bien au-dessous du nombre sur le-quel on avait compté. Des corps que la junteportait à vingt et trente mille hommes ne pré-sentèrent, lors de l’inspection qu’en firent cesofficiers, qu’un effectif de huit à dix mille dontla moitié, et souvent meme plus de la moitié,manquait de fusils. Ensuite on n’avait aucunedonnée fixe sur la position de l’ennemi. On pen-sait généralement qu’il se concentrait, et on crai-gnait qu’il ne cherchât à écraser Castanos; mais