202 HISTOIRE DE LA GUERREvrir où était l’ennemi, et de connaître ses inten-tions. Lord Proby s était avancé jusqu’à Torde-sillas, où il courut le risque d’être fait prisonnierpar un détachement de cavalerie française quivenait d’y entrer : malgré cet incident il parvintà savoir que six cents chevaux, deux pièces decampagne et deux obusiers marchaient sur cetteville; qu’ils étaient protégés par six cents hommespostés à Valladolid; que la cavalerie avait déjàses avant-postes à Puerto del Douro et à Arnajo,et que des détachements se répandaient dans lepays pour lever des contributions, et agissaientcomme s’ils n’avaient aucun obstacle à craindre.Ce n était pas encore là tout ce que cette nouvelleavait de fâcheux : on apprit en même temps queles magistrats des villes et villages voisins avaientété informés par des proclamations du maréchalBessières qu’il marchait sur Palencia avec dixmille hommes ; qu’il s’attendait à arriver à Valla-dolid le 24, et qu’il comptait trouver sur toute laligne qu’il allait parcourir des vivres et des four-rages pour scs soldats et ses chevaux.
Le lecteur se fera facilement une idée de l’agi-tation que ces avis causèrent parmi nous. Qui-conque prendra la peine de regarder la carteverra que la distance de Valladolid à Salamanquen’est pas plus grande que celle de Villa-Castin àcette dernière ville, et se persuadera, en suppo-