204 histoire de la guerre
les côtés de la ligne française et l’écraseraientavant que nous fussions arrivés. Les manœuvresde ces armées se bornèrent à maintenir leurs po-sitions et à observer les Français, mais elles nesongèrent jamais à prendre l’offensive. Elles lais-sèrent à l’ennemi le temps de recevoir des ren-forts, de former ses plans, et de choisir un endroitpropice à ses opérations. Blake fut le premiergénéral espagnol qui sentit le poids de sa valeur;il fut attaqué dans le défilé de Villarcayo, Or-cluna, et Munjura, où il avait pris ses positions,et après une résistance opiniâtre il se retira surEspinosa. On ne lui laissa pas le temps de res-pirer : le jour même de son arrivée dans cetteville, il fut encore assailli par un nombre supé-rieur ; et ses soldats, abymés de fatigue et dépour-vus de vivres et de vêtements, furent complète-ment dispersés, et prirent la fuite dans toutes lesdirections, abandonnant à l’ennemi les magasinsde Reynosa, et le port de Santander.
Cependant Bonaparte entrait en Espagne, etétablissait le 8 novembre son quartier-généralà Vittoria. La première mesure qu’il prit futd’envoyer un corps, sous les ordres du maréchalSoult, contre l’armée d’Estramadure, comman-dée par le comte Belvidere, qui faisait face à laligne française. Belvidere, jeune homme trèsbrave, mais sans talents militaires, avait pris sa