DE LA PÉNINSULE. 3i 7
de toutes les embarcations qu’il trouverait lelong des rives, et les mettre en état de nous ser-vir pour traverser la rivière quand nous nousprésenterions. Il était probable que Soult sevoyant environné de toutes parts n’essaieraitpas une résistance qui devait lui paraître vaine;mais en cas qu’il y mît de l’obstination, nousdevions passer de suite la rivière, et personnene doutait du succès de cette opération.
Tout était prêt pour exécuter ces mouvementsquand nous fûmes informés dans la soirée du 4que Silviera venait detre complètement battuà Amarante. L’ennemi, favorisé par un épaisbrouillard, l’avait attaqué le 2 , avait forcé le pontsur le Tamaga, et s’était emparé de huit à neufpièces de canon ; enfin il était en pleine déroutesur Lamego, et poursuivi par plusieurs corps detroupes françaises qui avaient traversé le Dou-ro. En outre, le bruit se répandit que l’ennemiavait évacué Yiana, Villa-de-Conde, et autresvilles situées sur la côte, qu’il s’occupait vive-ment a détruire les dépôts et les magasins qu’ilavait formés dans Oporto, et que tout faisaitcroire qu’il allait abandonner cette place immé-diatement : ces nouvelles, de nature si différente,arrivant en même temps,devaient nécessairementchanger nos plans. Il devint alors manifeste queSoult ne se soumettrait pas paisiblement à se