DE LA PÉNINSULE. 34 7
Comme le terrain que nos troupes légèresdevaient parcourir était extrêmement inégal,elles prirent un long détour pour arriver à leurdestination, et quelque temps s’écoula avantquelles n’y parvinssent ; mais leur arrivée ne futpas plus tôt connue que les gardes s’avancèrent.L’ennemi n’essaya pas de leur présenter une ré-sistance sérieuse ; il lâcha sa décharge aussitôt quela tête de la colonne parut, et après avoir rompuses rangs prit la fuite dans la plus grande confu-sion. Nous le poursuivîmes à travers le villageavec une impétuosité égale au désir que nousavions de l’atteindre ; mais l’obscurité devint siprofonde qu’on ne fut pas même en état de dé-couvrir quelle était celle des deux routes qu’ilavait prise. Enfin on aperçut une masse detroupes qui se portait sur le plus petit des pontsen grande hâte et dans un état de désorganisa-tion complet. Nous dirigeâmes sur elle notre ar-tillerie, et avant quelle eût terminé son passageun grand nombre de soldats fut tué ou blessé.Notre infanterie toutefois fut bientôt obligée d’a-bandonner la poursuite de l’ennemi, et nous re-tournâmes au village, où quelques misérableshabitations que les Français avaient pillées etab ymées nous servirent de gîte pendant la nuit.
Le lendemain de bonne heure nous nous re-mîmes en marche, et avec le jour naissant nous