DE LA PÉNINSULE. 36g
à réunir les deux armées et à les séparer ensuitepar une chaîne de montagnes presque imprati-cables. Il est inutile d’observer que sir ArthurWellësley ne voulut pas approuver une pareillemesure. Nous étions tous convaincus que lemouvement sur Badajoz et la réunion des deuxarmées forceraient Victor à traverser le Tage ;mais nous savions aussi que cela le rapproche-rait de ses ressources, nous empêcherait de frap-per un coup, et lui faciliterait les moyens des’échapper avec toute son armée. Dans ces cir-constances nous n’avions qu’à nous mainteniroù nous étions et à attendre les événements.Nous prîmes le plus grand soin de nous rendremaîtres de tous les points qui pouvaient être at-taqués par l’ennemi, et nous fîmes quelques mou-vements pour profiter des avantages que la for-tune pourrait nous présenter en nous mettantà même d’agir sur l’offensive. Par exemple, lemaréchal Beresford, au lieu de se diriger sur lenord, reçut l’ordre de descendre avec une bri-gade anglaise et deux brigades portugaises parCastello-Branco sur leTeitar, afin de menacer leflanc de l’armée de Victor dans le cas où la re-traite serait retardée, tandis que le reste destroupes portugaises devait se concentrer à Bragapour défendre les provinces du nord. Mais legros de l’armée resta stationnaire ; et comme les