X
PRÉFACE
le Livre du Prince lut donné au public versi5i5, et celle qu’il ne lut condamné parRome qu en 1592(1). Ces erreurs seront bien-tôt confondues.
Enfin, Guiraudet, toujours plein de con-fiance en Vollaire, raisonne comme si Vol-taire n’avoit. été que l’éditeur de YAnti Ma-chiavel, qu’il publia à Londres en 1740, enle faisant attribuer au roi de Prusse, Frédé-ric II. Cependant Guiraudet soupçonnoit encela quelque supercherie , puisqu'il remar-quoit en même temps , avec une espèce desurprise, que «Vollaire donna des élogesoutrés à celte médiocre production ; que lemonarque garda un profond silence à cetégard; et que la conduite qui valut à Fré-déric le surnom de Grand , prouvoit qu ilapprécioit les principes de Machiavel (2). »
Une contradiction plus formelle se re-marque en ce discours, lorsque Guiraudet,après avoir appelé Machiavel Y affreux con-seiller des rois (3), convient ensuite, que leLivre du Prince « est rempli de vérités utiles
( 1 ) Préface de 1 'Anti-Machiavel.
( 2 ) Discours préliminaire , pag. ciij.
(3) Ibid. pag. ij.