sxvtij DISCOURS
sermone ronscripta , videlicet Hist.oriam , ac DE PRINCIPE , et deDiscursibus imprimere.
Ce privilège prouve non-seulement que les œuvres de Machiavelétoientfort estimées dessavans et des hommes d’Etat, mais encore,et pour le moins , que le Pape n’y trouvoit rien de contraire à lareligion et à la morale proprement dites. Paul III, Jules III etMarcel II, qui succédèrent l’un après l'autre à Clément VII, enjugèrent comme lui. Paul IV lui-même, qui vint ensuite, toutviolent qu’il étoit contre les perverses doctrines, auroit conservéla même opinion favorable à Machiavel , sans l’ardeur censurantede cette commission de théologiens inquisiteurs qu’en 1 55 y il établitcontre les hérétiques, et qui créa sous le nom d 'Index ce catalogued’ouvrages réprouvés par eux. Jaloux de le grossir, ces inquisiteursy mirent absolument et sans exception tous les ouvrages deMachiavel, mort alors depuis trente ans. Paul IV auroit encorerefusé de souscrire à la condamnation qu’ils en faisoient, d’unemanière si vague et si aveugle, sans lafoiblesse de caractère qu’en-iraînoit son grand âge. Il se laissa vaincre par les clameurs et lesinstances du suprême inquisiteur, lequel étoit ce dominicainCatherin-Lancelot-Politi, qui ne fit guère usage de son savoirque pour avancer des opinions singulières, et dont même quelquesécrits ont été notés comme pernicieux dans cet Index qu’il avoitcréé (i).
Le véritable motif de cette espèce de condamnation de Machiavel,n’étoit point le fond de sa doctrine politique ; et cette condamnationne portoit même pas directement sur le Livre du Prince , comme lefait croire une déclaration de cette commission du concile de Trente,qui parut la confirmer. Cette commission établie en 1J62, et
(1) De ce nombre est la Vie qu’il écrivit de son confrère Savonarole. Aprèsl’avoir ailleurs préconisé comme un saint , il le représente dans cet ouvragecomme le fourbe Je plus insigue , et l’jroposteur le plus scélérat qui eût existé.