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Machiavel commenté par Non Buonaparte : manuscrit trouvé dans le carrosse de Buonaparte après la bataille de Mont-Saint-Jean, le 18 juin 1815 / [par Nicolas Machiavelli ; commenté par N. Buonaparte]
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SUR MACHIAVEL.

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catastrophes des temps barbares que Machiavel repoussoit en arrièrepar ses écrits. Si, engagés ensuite dans cette carrière de malheurs ,les peuples à qui peut-être alors on pouvoit permettre de le lire,avoient pu le comprendre , se seroient-ils livrés, comme ils lontfait, aux chances effroyables de la domination dun homme sortidune condition obscure , et surtout dun guerrier féroce, issu pourainsi dire de lécume immonde et sanglante que les mers de l'Italie,au temps de ses épurations, avoient poussée vers l'ile maudite desRomains (i) ? Réunissant l'idée de son origine vulgaire et sauvage,de son caractère ardent et sombre, de ses penchans ambitieux etféroces, avec la pensée de la nécessité dans laquelle Machiavel avoitdémontré quun usurpateur de cette trempe seroit dêtre un atrocetyran ; alors, sans doute, au lieu de nous laisser aller stupidementsous son joug, et de regarder sa puissance comme céleste, suivantque le disoient des pontifes intéressés, nous aurions vu davancetous les maux que , par ses mains, l'enfer a versés sur notre patrie.Dès lors quil étoit reconnu par expérience que nous ne pouvionsvivre en république, cette pensée du citoyen de Genève, que « lePrince de Machiavel donne aux républicains de grandes leçons>contre les Princes nouveaux (2), devoit nous faire pressentirlavenir funeste qui alloit fondre sur nous. Et ces avertissemens,en nous frappant dépouvante, nous eussent fait tellement reculerdhorreur que, sans pouvoir modérer cette marche rétrograde,nous serions revenus de nous mêmes à ce gouvernement royal dontnous avions pendant tant de siècles éprouvé la bonté.

( 1 ) On sait que les Romains y déportoient les plus lâches de leurs esclaves,ceux qui leur paroissoient plus semblables à des bêtes fauves quà des hommes.Illnc olim servi liomani ignavissimi et inutiitssimi devebebantur , èelluïs quàmbominibus similiores. ( Strabo , liv. 5. ) Cardan peignoit ainsi les Corses deson temps : Corsica insulte iracundi sunt, crudeles , infitti , audaces , prompti ,agiles , robusti : talis cnim est natura canam. ( De varietate )

(a) Contrat social. L. III, c. 6.

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