SUR MACHIAVEL.
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baleurs hébétés et de criminels fauteurs de l’usurpation. Qui n'enfut pas complice, s’ils le furent tous ceux qui dirigèrent vers soutrône exécrable des hommages réservés exclusivement à la légi-timité?
Il eut d'abord ceux des nombreux et lâches partisans d’unetranquillité quelconque où les jouissances pussent être mollementsavourées. Mais , hélas ! dans l'engourdissement de leur esprit, ilsétoient incapables de prévoir que l’aventurier qu'ils acceptaientpour maître, étant mis par cela seul aux prises avec ces partis dontle choc avoit trop fatigué leur indolence, ne pourroit lutter contreeux sans fouler aux pieds les approbateurs même de son usur-pation.
Leur aveugle complaisance étoit d’ailleurs entraînée par le suf-frage ordinairement respecté de ces hommes plus clairvoyans qui,dans les classes les plus considérées, sacrifioient les principes sacrésde la morale et de l’honneur à des vues cupides, masquées desophismes à la fois hypocrites et sacrilèges. Ceux-ci, prompts àjustifier comme à prononcer successivement les sermens les plusdisparates lorsqu’ils donnoient accès à quelque faveur, sans enexcepter celui de haine à la royauic des Bourbons, préconisoientcomme le serment du Salut celui qu’ils se hâtoient de faire à laroyauté de Buonaparte. Peu leur importoit que la France fût livréeà son abominable tyrannie, pourvu que le tyran leur conférât desplaces et des honneurs.
Au dessus de ces rampans agioteurs des consciences, étoient,par une contradiction monstrueuse que la seule perversité de notresiècle peut rendre croyable, ces terribles zélateurs du gouver-nement démocratique , ces grands manœuvres révolutionnaires,qui, toujours déterminés par l’appât d’une plus brillante fortune ,immoloient leur propre république au trône de. Buonaparte^ commeils avoient barbareme.nt sacrifié le trône des Bourbons à.leur sa»,-