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Machiavel commenté par Non Buonaparte : manuscrit trouvé dans le carrosse de Buonaparte après la bataille de Mont-Saint-Jean, le 18 juin 1815 / [par Nicolas Machiavelli ; commenté par N. Buonaparte]
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XLIX
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SUR MACHIAVEL.

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tout faire pour déjouer et contenir ces passions trop adroites ettrop puissantes par lesquelles l'ordre social quil doit maintenirseroit bouleversé. La morale, dont le but est de rendre les hommesmeilleurs, ne tend à ce but quindirecteinent etfoiblement, i°.ence quelle ne sadresse quaux individus, et 2°. quelle n'a defficacitéque sur un bien petit nombre : ses moyens restent défait insuffisanssur la masse. Il en faut dautres plus étendus, plus vigoureux auPrince qui veut la bien conduire ; et tous ceux qui lui deviennentindispensables pour lobligation spéciale quil a de conserver lordrepublic, et d'assurer à ses peuples le calme dans lequel seul ils peuventgoûter le bonheur de la vie civile, deviennent licites pour lui.Remarquons bien que cest uniquement sur ce principe quest fondéela dispense quil a du précepte qui défend sans exception de pro-curer la mort à qui que ce soit ; et nous navancerions rien queneussent déjà professé les hommes dEtatles plus profonds, si nousdisions nous-mêmes que telles et telles qualités morales , constam-ment nécessaires dans un simple citoyen, ne sont pas toujours dansun Souverain de bonnes qualités politiques; et que ce quon regar-deroit avec raison comme un vice dans un particulier, nen est pastoujours un dans le Monarque, eu égard au corps social quil doitmaintenir et gouverner. « Tous les vices politiques , dit Montes-quieu, ne sont pas des vices moraux, et tous les vices moraux nesont pas des vices politiques : chose que ne doivent point ignorerles Princes quand ils font de ces actes de souveraineté qui choquentlesprit général (i). » Un gentilhomme de ce François-Marie de Mé-dias, fils deCosmele-Grand, qui fut ensuite grand-duc deToscane,lui représentant quil trouvoit peu conforme à la justice une chosequ il lui ordonnoit de faire, ce Prince neut besoin, pour se justifier,que de ces paroles dEzéchiel : Et dixistis : non est æqua via T) on nui.

il) Esprit des Lois , liv. XIX , ch. a.

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