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tout faire pour déjouer et contenir ces passions trop adroites ettrop puissantes par lesquelles l'ordre social qu’il doit maintenirseroit bouleversé. La morale, dont le but est de rendre les hommesmeilleurs, ne tend à ce but qu’indirecteinent etfoiblement, i°.ence qu’elle ne s’adresse qu’aux individus, et 2°. qu’elle n'a d’efficacitéque sur un bien petit nombre : ses moyens restent défait insuffisanssur la masse. Il en faut d’autres plus étendus, plus vigoureux auPrince qui veut la bien conduire ; et tous ceux qui lui deviennentindispensables pour l’obligation spéciale qu’il a de conserver l’ordrepublic, et d'assurer à ses peuples le calme dans lequel seul ils peuventgoûter le bonheur de la vie civile, deviennent licites pour lui.Remarquons bien que c’est uniquement sur ce principe qu’est fondéela dispense qu’il a du précepte qui défend sans exception de pro-curer la mort à qui que ce soit ; et nous n’avancerions rien quen’eussent déjà professé les hommes d’Etatles plus profonds, si nousdisions nous-mêmes que telles et telles qualités morales , constam-ment nécessaires dans un simple citoyen, ne sont pas toujours dansun Souverain de bonnes qualités politiques; et que ce qu’on regar-deroit avec raison comme un vice dans un particulier, n’en est pastoujours un dans le Monarque, eu égard au corps social qu’il doitmaintenir et gouverner. « Tous les vices politiques , dit Montes-quieu, ne sont pas des vices moraux, et tous les vices moraux nesont pas des vices politiques : chose que ne doivent point ignorerles Princes quand ils font de ces actes de souveraineté qui choquentl’esprit général (i). » Un gentilhomme de ce François-Marie de Mé-dias, fils deCosmele-Grand, qui fut ensuite grand-duc deToscane,lui représentant qu’il trouvoit peu conforme à la justice une chosequ il lui ordonnoit de faire, ce Prince n’eut besoin, pour se justifier,que de ces paroles d’Ezéchiel : Et dixistis : non est æqua via T) on nui.
il) Esprit des Lois , liv. XIX , ch. a.
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