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Machiavel commenté par Non Buonaparte : manuscrit trouvé dans le carrosse de Buonaparte après la bataille de Mont-Saint-Jean, le 18 juin 1815 / [par Nicolas Machiavelli ; commenté par N. Buonaparte]
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StlR MACHIAVEL.

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s Saurin (t), qui, en sa qualité de calviniste français, réfugié à la

s Haye, nétoit pas exempt des préventions de Gentillet et deLanguet

contre Machiavel, ont prétendu que cette union de la religione chrétienne et de sa morale avec la politique étoit possible dans tous

e les cas. Leur opinion, qui dailleurs leur attire une très grande

e estime, est rangée par tous ceux qui ont quelquexpérience de lart

e de gouverner les hommes tels quils sont, dans la même classe que

le projet de Paix perpétuelle du bon abbé de Saint-Pierre. Les ruses> de la méchanceté humaine ne peuvent permettre linvariabilité dun

accord aussi respectable. « Sil nétoit permis de régner quautantr quon rempliroit tous les devoirs de la justice éternelle, et quon

r observeroit toutes ses règles, dit Plutarque, Jupiter même nen

seroit pas capable. »

On a vu que celles de la politique sont dun ordre différent decelles de la morale. Ainsi, juger la conduite de la première avec lesprincipes de la seconde , seroit prononcer dans une matière quei lon nentendroit point. Quiconque a vu de près le timon dun bon

j gouvernement en action, et à plus forte raison quiconque la

dirigé, sait que les règles de la morale ne lui sont pas applicablesdans tous les cas. Enfin, sil restoit encore un peu de consistanceaux censures dont quelques moralistes ont frappé Machiavel, elles; finiroient de sévanouir devant la judicieuse déclaration quil a

ï consignée dans son Livre même du Prince. « Mon intention, y esf-

i d dit, a été décrire des choses utiles pour ceux qui sont capables

! de les comprendre , et qui croient plus convenable de se conduire

, daprès des vérités de fait, que daprès de belles choses qui nexis-

t tent que dans limagination. Jai voulu parler sur ce qui est réelle-

ment, plutôt que raisonner sur ce qui devroit être , mais qui nestpas, cest-à-dire le vertueux concours de tous les sujets au bien

(i) Voyez la péroraison de son sermon sur l Accord d* la Religion et de laPolitique, La Haye, iqs5.

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