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APPENDICE
ceux dont ils égarent l’opinion. Mais quiconque, jaloux de juger parlui-même , ouvrira l’ouvrage de Varillas , dont nous indiquons la pagei 65 , si c’est l’édition faite à La Haye par Arnould Liers en 1687que l’on a, et que Bayle ne pouvoit manquer de connoitre, il se con-vaincra de cet excès de mauvaise foi. La relation de Varillas se trouved’accord avec un monument historique particulier, dont il n’avoit puavoir connoissance. Depuis lors, on a découvert dans les archives dela famille Nelli, de Florence, l’autographe de la lettre que Pierre, filsde Machiavel, après avoir assisté à ses derniers instans, écrivit à soncousin François Nelli qui étoit alors à Pise , pour lui raconter lescirconstances de la fin de son père. Dans cette lettre ou règne toute lafamiliarité et toute la franchise usitées entre amis et proches parens, illui disoit, parmi plusieurs autres particularités domestiques, nullementdiscordantes avec celle-ci , et comme un fait tout naturel auquel il de-voit s’attendre : « Notre père a été confessé par le Père Matthieu ,qui lui a tenu compagnie jusqu’à son dernier soupir. » Cette lettre a eteinsérée par le chanoine Bandini, bibliothécaire en chef de la célèbrebibliothèque Laurenziana , de Florence , dans la préface de sa Collec-tif) aliquot oeterum monumentorum , etc. , imprimée à Arezzo, en 1 ybî.
Comme Bayle, qui n’a omis aucune des absurdités calomnieuses desjésuites sur Machiavel, vouloit rapporter , sans rougir, la fable duP. Binet, relativement à la prétendue vision de ce grand homme d’Etat;il se prévalut de lamention queFrançois Hottmanenavoitfaitedans sonépître 99 e . Mais ici Bayle ne fut pas de meilleure foi que dans sa pré-tendue citation de Varillas; car Hottman ne parle qu'avec indignationde cette anecdote , montrant qu’il craignait de la voir répétée dans uneédition qui se faisoit alors des Œuvres de Machiavel, à Pentes, prèsde Basle.
Si l’on excepte les compilateurs biographes auxquels Bayle a servi demodèle, de guide, et souvent d’oracle, ce n’est point en France que,tout Français qu’ils étoient, les écrivains soi-disant politiques ou phi-losophes , restoient pour attaquer Machiavel. Ils alloient auparavantse mettre en quelque sorte sous la sauve-garde de l’étranger, et del’étranger qu’ils jugeoient le plus imbu de maximes contraires à l’inte-