MACHIAVEL.
BOONAPARTE.
ï5o
CHAPITREXVI.
De la libéralité, et de la misère (l’avarice).
Commençant par la pre-mière de ces qualités , jedirai combien il serait utiled’être libéral ; cependant ,la libéralité qui empêcheraitqu’on ne te craignît, te se-rait nuisible. Si tu l’exercessagement comme elle doitl’être, de manière qu’on nele sache pas ( r ) , tu n’en-courras pas pour cela 1 in-famie du vice contraire. Maiscomme celui qui veut se con-server , parmi les hommes ,la réputatiou d’être libéral ,lie saurait s’abstenir de pa-raître somptueux , il arriveratoujours qu'un Prince quiveut eu a voir la gloire, con-sumera en prodigalités toutesses richesses ; et à la lin ,s’il veut continuer à passerpour libéral , il sera lorcédegréver extraordinairement
( r ) C’est aussi trop évangé-lique. A quoi servirait (l’êtrelibéral, si l’on ne l’était paspar intérêt et par vanité ? R. C.