MA CTI UVEL.
Res dura, et regui novitas me laliacogunt
Moliri , et latèfines custode tuerie(a)
Un tel prince ne doit ce-pendant pas croire légère-ment le mal qu’on lui dé-nonce ; et il ne doit agir enconséquence qu’avec gravité,sans s’effrayer jamais lui-même (i). Son devoir est deprocéder modérément, avecprudence, et même avec hu-manité , sans que trop deconfiance le rende impré-voyant, et que trop de dé-fiance en fasse un hommeinsupportable ( 2 ).
Ici se présente la questionde savoir s’il vaut fnieuxêtre aimé que redouté, ous’il vaut mieux être craintque d’étreaiméy 3).Onrépondqu’il faudrait être à la foisl’un et l’autre ; mais parce
BC ON APARTE. lGl
(1) C'est facile à dire. R. C.
(2) Parfait! suLlime! R.C.
( 3 ) Ce n’est pas une questionpour moi, R. C.
(a) Éneïde I. 1. L’abbé Delille a traduit ainsi ces deux vers:
« De mes naissants états l'impérieux besoinMe force à ces rigueurs : ma prudence a pris soinD'entourer de soldats mes nombreuses frontières »*
La suppression de la conjonction et au second vers, dénatureün peu le sens du poète latin , en laissant confondre en un seul, lesdeux genres de précautions dont il parle.