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Etats où l’on aurait à prendreune détermination de ce gen-re;néanmoins j’en parlerai dela manière large et généraleque la matière elle-mêmecomporte (i).
Il n’y a jamais eu de Princenouveau qui ait désarmé sessujets ; bien plus, quand il lesa trouvés désarmés , il les atoujours armés lui-même (a).Si tu agis ainsi, les armes detes sujets se font les tiennespropres ; ceux qui étaientsuspects te deviennent fidè-les ; ceux qui étaient fidèlesse maintiennent dans leur fi-délité ; et ceux qui n'étaientque soumis se transformenten partisansde ton règne.
Mais , comme tu ne peuxarmer tous tes sujets, ceuxque tu armes reçoivent réel-lement de toi une faveur ; ettu peux alors agir plus ensûreté à l’égard des autres (3).Celte distinction dont lespremiers reconnaissent qu’ilste sont redevables , te les at-tache ; et les autres t’ex-cusent , jugeant qu’il Cm
BUO N APARTE.
(1) Parle , et je me chargedes conséquences pratiques.
R. I.
(2) Ainsi en agirent les ha-biles faiseurs de la révolution.En se rendant les Princes de laFrance, par la transformationqu’ils firent de ses états-géné-raux en assemblée nationale ,ils armèrent a l’instant le peu-ple entier pour s’en faire unearmée nationale à leur profit.Pourquoi les gardes urbaines etcommunales ont-elles conservéindividuellement ce titre qui neleur convient plus aujourd'hui ?Est - ce la nation entière quechacune d’elles garde? Il fautqu’elles le perdent, mais gra-duellement. Elles ne sont, et nedoivent être que des gardesurbaines ou bourgeoises : ainsile veulent le bon ordre et le bonsens. R. I.
( 3 ) . L es grands faiseurs d«révolution populaire ne vou-laient réellement armer que lepeuple. Le peu de nobles qu’ilslaissèrent introduire dans leurgarde nationale, ne les ef-frayaient point. Ils savaientbicnqu’ils 11e tarderaient pas a lesécarter ; et le peuple se croyantseul favorisé, fut tout a eux.
R. I.