BUONAPARTE.
262 MACHIAVEL
Le pape Jules II procédaavec impétuosité dans toutesses actions (1) ; et il trouvales temps et les choses si con-formes à sa manière d’agir ,que toujours il obtint d’heu-reux résultats. Considérez lapremière entreprise qu’il fitsur Bologne,du vivant encorede Messer Jean Bemivoglio :les Vénitiensla voyaient avecdéplaisir, et le roi d’Espagne,ainsi que le roi de France,étaient encore à délibérer surce qu’ils feraient en cetteoccurrence, lorsque Jules,avec sa bravoure et son im-pétuosité, se porta lui-mêmeen personne à cette expé-dition ( 2 ). Cetie démarchefit rester en suspens et im-mobiles l’Espagne et les Vé-nitiens (5 ) , ceux - ci parcrainte, celle-là par l’enviede recouvrer tout le royaumede Naples. D’autre part, ilattira dans son parti le roide France qui, l’ayant vu en
(1) Il n’y a fort heureuse-ment pour moi, plus de Papescomme celui-là qui jetta dansle Tibre les clefs de saint Pierre,pour ne se servir que de l’épée,de saint Paul. G.
(2) J’ai suivi cette tactique-là , non comme lui, par un pen-chant machinal ; mais par cal-cul , et toujours à propos. R • I.
( 3 ) Si, après mon retour,
les alliés songent à reprendre jles armes, il faudra que je pro- jduise parmi eux le meme effet, IF.
qu’il faut s’accommoder aux temps, être doux ou sévère suivant quecela convient : Morem. accommodari , prout conducal (Ann. 12 )•— Bcmissiim aliquid el mitigation , quia expedisrit ( Ann. 3 ).