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connues, ils ont toujours lieu d’espérer, et parconsé-quent de se soutenir par l’espérance , en quelquecirconstance critique etfàcheuse qu’ils se trouvent(i).
§X.
Un gouvernement doit bien se garder de confier descommandements, ou des administrations de quel -que importance, à ceux qu’il a offensés. (C. 17 ,du liv. III ).
Cette vérité est d’une telle évidence qu’il suffit icid’exposer le grand exemple que nous en fournit l’his-toire romaine.
Claudius Néron abandonna l’armée qu’il avait enprésence de celle d Annibal ; et il en amena tme por-tion dans la Marche, vers l’autre consul pour combat-tre avec lui contre Asdrubal avautque celui-ci se réunîtavec Annibal. Précédemment il s’était trouvé en pré-sence d’Asdrubal en Espagne , et l’avait tellement res-' serré avec son armée qu il fallait, ou que celui - cicombattît avec un grand désavantage, ou qu'il mou-rût de faim ; mais Asdrubal l’avait amusé partant d’ar-tifices , qu’il s’était tiré d’embarras , et lui avait faitperdre cette occasion de le vaincre. Le Sénat et lePeuple de Rome, connaissant la faute que ClaudiusNéron avait commise en cette circonstance, le blâmasévèrement ; et l’on parla de lui dans toute la cité, avec
(1) L'espérance, loin de m’abandonner par suite de la contra-riété de décembre, s’anime chaque jour de plus en plus. E.