a FONTAINE DE LA PLAGE DE L’ÉCOLE.
quai, où les déversoirs de plusieurs cloaques, et les bateaux de blanchisseuses
empestent ce côte' de la rivière.
Nous voudrions bien pouvoir justifier le goût de la décoration aussi bienque le choix de l’emplacement de cette fontaine, l’une de celles qui ont étéordonnées en 1806, et qui ont été le plus promptement achevées. Ce monu-ment se compose d’un dé carré, élevé au milieu d’un bassin circulaire, etsurmonté d’un vase ; sur chaque face du soubassement est un mascaron debronze d’où l’eau jaillit. Sur le ventre du vase on voit, du côté du quai, unpetit bas-relief représentant deux divinités marines, et à l’opposite, un triton.
Cette fontaine a été désapprouvée par les personnes mêmes les moins verséesdans l’art du dessin. La forme du vase, de son couvercle, et sur-tout la grosseurdes anses, dont l'extrémité se termine par une tête de chimère, ont paru d’untrès-mauvais goût. Parmi tant de vases antiques, dont on trouve par-tout lagravure, ne pouvait-on choisir un modèle moins désagréable ?
A peine quatre ans se sont écoulés, et déjà la pierre dont est construitecette fontaine est devenue toute noire. Cela tient peut-être moins encore auvoisinage des maisons et à la quantité de cheminées, qu’au séjour que font lesbateaux à charbon dans ce bassin de la rivière. La façade du Louvre, nouvelle-ment regrattée, reprendra bientôt sa couleur noirâtre et triste, si l’on n’éloignepas la principale cause du mal.
La fontaine de la place de l’École s’alimente des eaux réunies d’Arcueil etde la pompe de la Samaritaine.
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