io FONTAINE DE LA PLACE SAINT-MICHEL.
existé dans ce lieu, c’est que l’on ne peut méconnaître les restes des aqueducs
antiques qui portaient sur la colline les eaux de plusieurs sources des environs.
Sous les rois des deux premières races, Paris ne reçut, comme on sait,aucun ou presque aucun accroissement. Il ne s’étendit guères sur les deuxrives opposées de la Seine que pendant le règne de Philippe-Auguste , qui fitentourer la ville de murs et de fossés ( i ). Cette première enceinte, qui laissaiten-dehors le palais dit des Thermes, était reculée, au temps de Charles VI ,jusqu’au haut de la rue de la Harpe, où se trouvait une porte flanquée detourelles, à l’endroit même qu’occupe aujourd’hui la fontaine. On prétend quece fut ce prince qui changea le nom de cette porte, d’abord appelée ported’Enfer, en celui de porte Saint-Michel; soit à cause de la naissance d’une prin-cesse de sa famille, à laquelle on donna le nom de Michelle, soit à cause (etceci paraît plus probable ) de la grande dévotion qu’il avait en l’archange Saint Michel , que ses prédécesseurs regardaient comme le protecteur du royaume.
« Enfin, Louis XIV régna, dit Saint-Foix , et Paris n’eut plus d’enceinte;« ses portes furent changées en arcs de triomphe ; et ses fossés comblés et plantés« d’arbres devinrent des promenades ». On abattit les murailles qui entouraientla capitale et une partie des fortifications qui servaient à leur défense. Eni684, la porte Saint-Michel fut démolie, et sur ses décombres s’éleva unefontaine. La ville avait acquis les eaux de Cachant, et les avait fait réunir parl’aqueduc d’Arcueil à celles de Rongis» Le roi ordonna alors, par un arrêt du
(1) Paris s’agrandit-il sous les rois des deux premières races? Jusqu’où s’étendit-il sur lesdeux rives opposées de la Seine ? L’entoura-t-on plusieurs fois au-delà du fleuve, de murs d’en-ceinte ; et à quelles époques ces diverses enceintes furent-elles formées ? On ne pourra peut-êtrejamais répondre d’une manière satisfaisante à ces questions. Les anciens plans de Paris , que l’ontrouve dans les ouvrages du commissaire la Marre, de Jaillot, et de tant d’autres qui se sont toussuccessivement répétés, ne sont tracés que d’après des conjectures que Saint-Foix a cherché àdétruire par d’autres hypothèses. Cependant nous suivons ici l’opinion de ce dernier, parcequ’elle nous a paru un peu plus fondée. Ce n’est pas que nous prétendions qu’il n’y ait eu, sousles deux premières races, de nombreuses habitations, et plusieurs villages très-rapprochés les unsdes autres, sur les deux rives de la Seine les plus voisines de l’île qu’occupait la cité ; mais on n’apu les regarder comme des parties intégrantes des quartiers de Paris , qu’après leur circonscrip-tion par des murs d’enceinte. Or, la première clôture de Paris , bien constatée, ne remonte pasau-delà du règne de Philippe-Auguste .