FONTAINE DE LA PLACE DU PALAIS-ROYAL,
CONNUE SOUS LE NOM DE CH ATE AU - D'E AU.
*Pï ml*
li&IT |fi
KkK m
Planche IX.
Ije Château - d’eau n’est, à bien dire, qu’une dépendance du Palais-Royal . Ilne fut construit que pour lui servir de point de vue.
En 1629, le cardinal de Richelieu, qui venait d’acheter l’hôtel Mercœur, celuide Rambouillet , et quelques maisons voisines, fit abattre tous ces bâtiments,et chargea Jacques Lemercier (1), premier architecte du Roi, de lui construireun hôtel sur cet emplacement.
Il n’y eut point d’abord de place devant le Palais-Royal . La largeur de la rueSaint-Honoré, le séparait seule des maisons qui étaient en face; mais Anne d’Autriche , régente du royaume, étant venue habiter avec le jeune roi Louis XIV , ce palais qu’on appelait alors le Palais Cardinal , parce qu’il avait appar-tenu au cardinal de Richelieu, fit former en avant une place carrée. Oncommença par abattre l’hôtel de Sillery, dont le cardinal avait hérité par tes-tament (2) ; et c’est sur les ruines même de cet hôtel, que Philippe d’Orléans ,
pi
!» I
fin a
X Aâ l V
? y;
$
(1) Jacques Lemercier est un des architectes qui ont exécuté à Paris le plus de travaux. Iléleva la Sorbonne, l’Oratoire, le Palais Cardinal , l’église Saint-Roch , etc... On lui doit aussi,et ce n’est pas là son chef-d’œuvre, le couronnement du pavillon du milieu de l’ancien Louvre.C’est lui qui imagina ces grandes cariatides placées au troisième étage, et qui gâtent beaucoupla décoration de cette façade. Un reproche plus grave à faire à sa mémoire, c’est sa conduiteenvers le Poussin : avec Youet et Fouquières, il contribua à empêcher ce grand artiste de peindrela galerie du Louvre.
(2) On raconte une anecdote assez singulière, et propre à donner une idée du caractère et dela puissance du cardinal. Brulart de Sillery , fils du président de ce nom, quelque temps avantde léguer son hôtel au prélat, jouait avec lui, et perdait beaucoup. Un coup douteux survint,et on en appela à la galerie pour le décider. D’une voix unanime, Brulart fut condamné par-les courtisans, et comme il eut peine à contenir son indignation, le cardinal qui s’en aperçut,alla le soir auprès de lui lorsqu’il sortait, et, le prenant familièrement par la tête, lui dit: « Voilà« une belle tête sur un beau corps ; il serait dommage de l’en détacher ».
6
r'i
éf '■
1 lut
/A