û8 FONTAINE DE LA RUE MONTMARTRE,
blement, ne fut jamais exécutée ( i ). Nous avons déjà eu occasion de faireremarquer que toutes celles qui avaient été ordonnées par l’arrêt du 22 avril1671, ne furent point construites sur-le-champ, ni dans les emplacementsmême qui d’abord avaient été choisis. Ce qui donnerait quelque vraisemblanceà cette conjecture c’est que dans le plan perspectif de Paris , gravé par Lucas,en 1734, d’après les dessins de Bretez, et par ordre de M. Turgot, prévôt desmarchands, se trouve l’élévation de la fontaine Montmartre , et que celle duPetit-Carreau ne s’y trouve pas.
Adossée à une des maisons de la rue Montmartre, cette fontaine n’a que très-peu de saillie. Elle ne consiste que dans un assez petit avant-corps dont lespieds-droits sont ornés de congellations, et qui est surmonté d’un frontontriangulaire. Le milieu se divise en trois tables lisses d’inégales proportions, etau bas desquelles est le robinet d’où coule l’eau réunie de la pompe Notre- Dame et de celle de Chaillot.
(1) Il ne faut pas regarder comme une preuve du contraire, l’inscription que Santeuil afaite pour y être gravée. Nous rapporterons ici cette inscription, qui ne trouverait pas sa placeautre part.
Auri sacra sitis non larga expletur opurn vi :
Hirw disce œterno fonte levare sitim.
« L’infâme soif de l’or ne peut se rassasier, même à force de richesses. Apprenez de-là à vous« désaltérer aux sources éternelles. »
Cette inscription est à-la-fois critique et mystique. Elle faisait allusion à la cupidité deshommes de finance dont ce quartier était rempli ; et l’on y reconnaît l’influence de l’habit queportait l’auteur.
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