FONTAINE DE SAINT-COME.
Planche XY.
Cette fontaine, située à l’extrémité de l’École de Médecine, du côté de la ruede la Harpe, a été construite vers i6a4, lorsqu’après l’achèvement de l’aqué-duc d’Arcueil on commença à embellir de fontaines le quartier Saint-Jacques.Dans l’origine, elle s’alimentait seulement d’une partie des eaux qu’amène àParis cet aquéduc;on y adjoignit par la suite une portion de celle de la pompeNotre-Dame , et aujourd’hui, depuis l’érection de la fontaine de l’Ecole de Mé-decine, elle ne coule plus et ne sert que de réservoir.
Sous le rapport de l’art, cette fontaine n’a rien de remarquable, si ce n’estson extrême simplicité, qui s’accorde bien avec le peu d’eau quelle fournissait.Comprise entre deux piliers extérieurs d’une église, elle ne consiste que dansune façade de très peu d’épaisseur, dont le milieu, marqué par des pieds-droitsavec bossages, est surmonté d’un petit fronton triangulaire. Les ailes ornéesde refends, sont percées chacune d’une porte.
Il paraît qu’autrefois on était encore moins qu’aujourd’hui, dans l’usaged’isoler les fontaines; les anciennes, pour la plupart, sont toujonrs adossées àquelque édifice. Celle qui fait le sujet de notre planche n° XV, est comme onpeut le voir dans notre gravure, tout-à-fait attenante à l’église Saint-Côme,monument gothique du XIII e siècle.
La fondation de cette église remonte jusqu’à 1212 , époque où elle fut bâtieaux dépens de l’abbé et des religieux de Saint-Germain-des-Prés , qui en eurentle patronage jusqu’en i 345. Ils en furent alors privés par un arrêt du parle-ment, rendu en faveur de l’université, à l’occasion d’une querelle qui s’étaitélevée entre les écoliers de cet établissement et les domestiques de l’Abbaye.L’université nomma à la cure de Saint-Côme jusqu’au moment où les églisesfurent supprimées, et depuis ce temps, celle-ci ne s’est plus ouverte.
Parmi les souvenirs que rappelle ce quartier, nous n’en rapporterons qu’un
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