iik£.r --** •*■
V'V'V V»^%. «.'*■'*-WVWVIVVl
vvm<i\«v
w-v^.xt'vx.i.'v x^-v vx^ vx^<
FONTAINE DES INNOCENTS.
Planches XVI, XVII, XVIII et XIX.
D om Félibien, et dom Lubineau, très-prolixes historiens de Paris , mais quimirent dans leurs recherches beaucoup de patience et d’exactitude, ont été lespremiers à observer que la fontaine des Innocents était bien moins moderneque communément on ne pensait; qu’il en était fait mention, dès 1273, dansdes lettres patentes accordées par Philippe-le-Hardi , au sujet d’une transactionqui eut lieu entre ce prince et le chapitre de Saint-Merry . Malheureusement, àcette remarque, ils ne joignent aucun détail sur l’état où fut trouvée cettepremière fontaine à l’époque de sa reconstruction. Il serait maintenant très-curieux de pouvoir examiner comment, avant la renaissance des arts, onconcevait des monuments de cette espèce.
Au reste, en i55o, à l’ancienne on substitua une fontaine nouvelle, dont ladirection fut confiée à Pierre Lescot , architecte, et à Jean Goujon , sculpteur.Ces deux artistes célèbres, qui illustrèrent le siècle de François I er et deHenri II , se plurent à déployer, dans la composition et l’exécution du monu-ment, la grâce, l’élégance, tout leur talent. Jamais on 11e sut mieux disposerl’architecture pour être embellie par le statuaire. Jamais on n’imagina un genrede sculpture plus propre à faire valoir l’architecture. Aussi, bien que ce monu-ment, tel qu’il est aujourd’hui, et bien plus encore tel qu’il était alors, ne soitpas à l'abri de toute critique sous le rapport du caractère et de la destination,les proportions en sont si bien entendues, on y remarque de si beaux profils,des ornements si pleins de goût ; enfin, la sculpture en est tellement éléganteet gracieuse, qu’il a passé, depuis son origine, et qu’il passera toujours pourun véritable chef-d’œuvre.
La fontaine des Innocents n’avait point autrefois la forme quelle offre aujour-d’hui: placée à l’angle de la rue aux Fers et de la rue Saint-Denis, elle se com-
10
.ï#