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Les fontaines de Paris : anciennes et nouvelles / par Amaury Duval
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38 FONTAINE DES INNOCENTS,

posait de deux façades dont l’une du double de l’autre donnait sur la rue auxFers, et dont l’autre venait en retour d’équerre sur la rue Saint-Denis. Il esttrès-facile de se faire une idée de sa disposition par la vue des plans et éléva-tions que nous avons eu soin de faire graver dans nos planches XVII et XVIII.Nous ajouterons seulement ici quelques détails sur l’aspect que présentait alorsce quartier.

Tout l’emplacement qu’occupe le Marché des Innocents était encore en 1788,un vaste cimetière entouré de maisons de toutes parts : savoir, du côté de larue de la Ferronnerie, par des bâtiments qu’avaient fait construire les religieuxde Saint-Germain; à l’opposite, sur la rue aux Fers, par des masures qu’onnommait les charniers; du côté de la rue de la Lingerie, par des maisons parti-culières ; enfin, du côté de la rue Saint-Denis, par l’église des Saints-Innocents,qui avait donné son nom au cimetière et à la fontaine. Tous ces bâtiments,ceux de la rue de la Ferronnerie exceptés, furent abattus en 1788, et trans-formés en une vaste place, à la grande satisfaction des magistrats et des citoyens.Telle était alors la faiblesse de l’administration, que, malgré le désir général,malgré un arrêt spécial du parlement, rendu en 1765, on n’avait pu jusqu’àcette époque, faire abolir la coutume d’entasser les morts dans ce foyer decontagion, dont la terre était devenue savoneuse, et n’avait plus la propriétéd’absorber les corps.

A cette même époque, M. Six, architecte, proposa au baron de Breteuil,d’oser changer le plan de cette fontaine, et de la construire au centre de laplace, sans rien changer à la décoration^ en ajoutant une quatrième face sem-blable aux trois premières dont on avait déjà les matériaux.

« Cette idée, observe M. Tandon, dans son ouvrage intitulé : Description« de Paris et de ses édifices, cette idée, qui présentait à-la-fois de leco-« nomie et la facilité d’isoler avec grâce un monument qui n’avait point été« ainsi conçu dans son origine, fut accueillie et mérita une récompense à Far-ce tiste; l’exécution en ayant été concertée entre messieurs Poyet, alors archi-« tecte de la ville, Legrand et Molinos, architectes des monuments publics,« la fontaine fut démontée, transportée et reconstruite, sans que la sculpture« en souffrît la plus légère atteinte. Il fallait ajouter trois nouvelles figures,