FONTAINE DE LA RUE DE POPINCOURT.
Planche XIX. (bis)
La fontaine de Popincourt fait partie de celles qui ont été ordonnées, en1806, par un décret de l’Empereur. Placée dans un renfoncement demi-circu-laire de cette rue, elle sert de point de vue à la rue Saint - Ambroise, dansl’axe de laquelle elle est située. Sans avoir rien de remarquable dans sonensemble ni dans ses détails, ce monument est encore un de ceux qui pré-sentent l’aspect le plus pittoresque, parce que, isolé de tout édifice, il estombragé par des peupliers qu’on a pris soin de planter près de là. Rien deplus propre que des arbres pour faire valoir une fabrique. C’est un secret queles paysagistes n’ignorent point. Par sa forme pyramidale, sa couleur foncée,la mobilité de son feuillage, les accidents de lumière et d’ombre qu’il procurepar le balancement de sa tige, le peuplier, plus que tout autre arbre, peutformer des contrastes et des oppositions qui font ressortir la régularité un peumonotone de l’architecture.
On regrette que cette fontaine, dont la masse est d’une bonne proportion,ainsi qu’on peut le remarquer dans notre planche XIX, soit couronnée par unfronton d’un si mauvais goût, et qui conviendiait bien mieux pour servir decouvercle à un tombeau, que de fronton à une fontaine. La cuvette aussi, quisert de récipient à l’eau que laisse couler un vase renversé, a paru d’une formepeu agréable. Ajoutons encore que la sculpture est d’un style un peu mou,que les figures en sont lourdes et rondes, que celle de la femme a sur-tout lescuisses trop courtes. Du reste, la figure est bien ajustée, et les enfants nemanquent point d’expression. Si l’on demande maintenant pourquoi l’on achoisi, pour sujet de cette composition, la Charité qui présente une couperemplie d’eau à des enfants altérés, et qu’on a cherché à répéter dans le fron-ton la même idée, en y représentant un pélican qui donne la nourriture à sespetits, nous répondrons que ce qui probablement aura déterminé l’architecte
11