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A
FONTAINE DES CORDELIERS.
Planche XX.
Comme celle de la place Saint-Michel , la fontaine des Cordeliers a été bâtiesur les démolitions d’une des portes de Paris, lorsque Louis XIV fit abattrel’enceinte de la capitale. Cette porte se nommait la porte Saint - Germain,parce quelle conduisait à l’abbaye de ce nom. De-là aussi la fontaine fut appeléedans l’origine fontaine Saint - Germain, puis, des Cordeliers, à cause de laproximité du couvent.
Mais quelle est la date précise de sa construction ? Fut-elle élevée d’aborden 1671 , et rebâtie en 1717 ? ou bien ne la construisit-on qu’à cette dernièreépoque ? Sur ce point les historiens de Paris ne sont pas d’accord. Cependantil est possible de faire concorder ces deux opinions en supposant que les tra-vaux, commencés en 1671, ont été suspendus long-temps, et 11e furent achevésqu’en 1717- On a des exemples de ces longues interruptions de travaux dansla construction de quelques autres fontaines.
Au reste, cette discussion est de peu d’importance, parce que le monumentdont il est question n’a rien de remarquable sous le rapport de l’art. Il secompose d’un corps de bâtiment étroit, et ayant plusieurs étages; le tout estorné de refends. Mais ce qui fait seulement partie de la fontaine, c’est un petitavant-corps formé de deux pilastres avec embases et sans chapiteaux. Deuxconsoles soutiennent le fronton. Au milieu est une niche en renfoncement,décorée, à la clef, d’un mascaron, et, dans la voussure, d’une coquille. Au-dessous se voyait autrefois une table de marbre noir sur laquelle on avaitgravé l’inscription suivante :
URNAM. NYMPHA GERENS DOMINAM PROPERABAT IN URBEM :
I
HIC STETIT , ET LARGAS LÆTA PROFUDIT A QUAS.
« Une nymphe, portant une urne, s’avançait précipitamment vers la ville« capitale : elle s’arrêta ici, et, charmée, elle y répandit ses eaux avec profusion. »