FONTAINE DES AUDRIETTES.
Planche XXII.
La fontaine des Audriettes est un monument du siècle dernier; quoique ladate précise de sa construction ne soit pas bien connue, on peut cependantla placer entre les années 1770 et 1778; voici du moins les raisons qui nousdéterminent à adopter cette opinion : d’une part, l’emplacement de cette fon-taine n’est point indiqué sur les plans topographiques de Paris publiés avantla première de ces époques, et de l’autre, il est fait mention de son existencedans des ouvrages qui ont paru en 1779, et notamment dans le Dictionnairede Paris . Ajoutons, ce qui est plus convaincant encore, que ce monument aété décoré par Mignot, sculpteur, mort, il y a près de vingt ans, membre del’ancienne académie de peinture; qu’il a été élevé d’après les dessins de Moreau,architecte de la ville, et l’une des victimes du régime révolutionnaire. Or, cesdeux artistes, et le dernier sur-tout, presque nos contemporains, n’auraientpu exécuter des travaux antérieurement au temps que nous venons de fixer.
Construite dans la période de la plus grande décadence des arts, la fontainedes Audriettes ne pouvait offrir, et n’offre en effet, qu’un monument d’untrès-mauvais style dans sa masse comme dans sa décoration. Elle est composéed’un massif à-peu-près carré, ayant, de chaque côté, des pieds-droits en formede pilastres ; au-dessus est un attique qui se termine par une espèce de cônetronqué. Le milieu est orné d’une niche carrée sans profondeur, ayant cham-branle, consoles et fronton, et élevé sur un socle dans le nu duquel on asculpté en relief une naïade couchée entre des roseaux. Au-dessous l’eau coulepar une rosace en bronze. Telle est, avec autant d’exactitude qu’on peut ymettre, la description de cette fontaine, dont notre planche XXI donnera aureste une idée plus complète.
Placée à l’encoignure de la rue du Chaume et de celle des Audriettes, lafontaine a pris ce dernier nom. Il paraît que la rue avait pris le sien du