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FONTAINE DU MARCHÉ SAINT-JEAN.
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Planche XXYI.
Voici encore une fontaine élevée comine celle des Innocents, au milieu d'unmarché public qui servit long-temps de cimetière à l’un des quartiers deParis . Destinée bizarre ! c’est aux lieux mêmes où sont entassés les ossementsde nos pères, que nous allons chercher les aliments de la vie.
Mais cet emplacement ne fut pas toujours consacré à la sépulture. L’anec-dote qui lui fit donner cette destination mérite d’être rapportée.
Pierre de Craon, l’un des descendants des anciens ducs de Nevers , étaitvenu demeurer à Paris , malgré le ressentiment du duc de Berry, qui l’avaitmenacé de le faire pendre pour avoir causé la perte du duc d’Anjou , en neremplissant point une mission dont l’avait chargé ce seigneur. La naissance,la fortune de Craon, le soutinrent quelque temps à la Cour. Cependant il futdisgracié par le duc d’Orléans. Soit qu’il fût jaloux du crédit du connétable deClisson, soit qu’il le regardât réellement comme l’auteur de cette disgrâce,de Craori résolut de l’assassiner. A la tête de quelques scélérats, il attendit,dans la rue Culture-Sainte-Catherine, le soir du i3 juin i3qi, ce brave guer-rier, qui rentrait dans son hôtel de la rue du Chaume, et, après l’avoir laissépour mort sur la place, il sortit de Paris , et se réfugia près du duc deBretagne .
Ce crime ne resta point impuni ; et quoique le connétable ne fût pas mortde ses blessures, Pierre de Craon fut condamné par contumace, et tous sesbiens confisqués. Entre autres propriétés, l’hôtel qu’il possédait dans l’empla-cement où est situé le marché, fut rasé, et le terrain donné à l’église de Saint-Jean-en-Grève, pour servir de sépulture aux morts de cette paroisse.
Si l’on n’ignore point la date de la transformation de cet hôtel en cimetière,on ne connaît pas aussi bien l’époque du changement du cimetière en marché