FONTAINE DU MARCHÉ S m - CATHERINE.
Planche XXVIII.
La fontaine du marché Sainte-Catherine ne devrait point, à la rigueur, entrerdans ce recueil, si nous ne nous étions fait un devoir de donner tous les mo-numents de ce genre qui existent à Paris . Privée d’eau, depuis sa fondation,et placée dans le fond d’un cul-de-sac, elle n’est d’aucune utilité pour lequartier, et ne contribue point à son embellissement. Aussi, quoiqu’elle aitété construite assez récemment, se trouve-t-elle déjà dans le plus triste étatde dégradation.
La fontaine, ainsi que le marché dont elle a pris le surnom, sont situéssur un terrain qui faisait partie de l’emplacement qu’occupaient autrefoisl’église et le couvent de Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers, congrégationfondée en 1201. D’après les historiens de Paris , il paraîtrait que la premièreéglise de ce monastère, bâtie en 1229, a été élevée en accomplissement d’unvœu fait en 1214, par les sergents - d’armes ou archers du roi, qui, voyant àla bataille de Bouvines, Philippe-Auguste en danger, promirent d’ériger uneéglise sous l’invocation de Sainte Catherine, si Dieu délivrait leur souveraindu péril où il se trouvait. Voici les deux inscriptions qui attestent ce fait ; onles lisait sur l’ancien portail, et elles sont conservées au Musée des monumentsfrançais, avec les figures gravées en creux au-dessous desquelles elles étaientplacées :
A la prière clés sergents-d’armes, monsieur Saint-Loys fonda cette église,et y mist la première prière, et fut pour la joie de la victoire qui fut au pontde Bovines, l’an 1214.
Les sergents- d’armes, en ce moment, gardoient ledit pont, et vouèrent quesi Dieu leur donnoit la victoire, ils foncleroient une église en l’honneur demadame Sainte-Catherine, et ainsi fut-il.
L’ancienne église fut reconstruite sous le règne de Louis XIV , sur les des-sins du père Creil , religieux de la congrégation. Elle était décorée de plusieurs
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