FONTAINES, DU MARCHÉ LENOIR,
DU MARCHÉ SAINT-MARTIN, ET DE LA PLACE HAUBERT.
Planche XXXII.
Les trois fontaines gravées sur la même planche, n° 3a, sont d’une grandesimplicité, quant à la masse; et, à quelques bizarres détails près dans les profils,elles sont du genre le plus convenable pour des marchés publics. Il n’est per-sonne qui en parcourant ce Recueil, ne se soit peut-être demandé pourquoi oncherchait à mettre tant de variété dans la forme des fontaines; et, en effet,pour toutes celles qui ne sont destinées qu’à l’utilité réelle, et qui ne doiventen rien contribuer à l’embellissement des lieux dont elles sont environnées,ne serait-il pas plus raisonnable d’adopter une forme simple, élégante, com-mode sur-tout, de laquelle on ne s’écartât point? Que de dépenses superflueson éviterait, soit pour élever, soit pour entretenir des monuments ridicules !
FONTAINE DU MARCHÉ LENOIR.
Cette fontaine, qui est au nombre des fontaines nouvellement ordonnées,consiste dans une borne carrée, ayant la forme d’un piédestal; dans le nu, sontdes bossages taillés en pointe de diamant; au-devant, une cuvette, formant uncône tronqué, reçoit l’eau qui tombe du milieu de la borne par un simplerobinet.
Le marché au centre duquel on voit cette fontaine, est situé dans le faubourgSaint-Antoine, près de l’Hospice des Orphelins. Il a pris son nom de celui del’architecte le Noir, (i ) dit le Romain, auquel on doit le plan de ce marché,formé en 17791 sur l’emplacement d’un jardin et d’un hôtel, anciennementappelés la Maison du Diable.
( 1 ) Cet artiste, âgé de plus de quatre-vingts ans, est mort, il y a quelques mois. Il avait élevéplusieurs édifices, entr’autres un théâtre pour l’opéra, après l’incendie qui consuma l’anciennesalle située près le Palais-Royal ■ ( ce théâtre fut exécuté, en quelques semaines, sur le Boule-vard, près la porte Saint-Martin : l’architecte ne l’avait assuré que pour trois ans ; il existe depuistrente ans, et l’on y représente encore des pantomimes) : c’est aussi lui qui a construit le théâtrede la Cité, et tout l’îlot des maisons qui y sont attenantes.