FONTAINE BOUCHERAT,
Planche XXXIII.
L \ fontaine Boucherat fut élevée vers l’an 1697 sur un terrain cédé à la villepar Philippe de Vendôme . L’inscription dont elle était autrefois décorée pour-rait, au besoin, servir à constater l’époque de sa construction. Elle y fut placéelors de son achèvement ; et elle fait allusion à la paix de Riswick , que laFrance venait de conclure avec les Allemands, les Anglais , les Hollandais, etles Espagnols .
FAUSTA PARISIACAM, LODOICO KEGE , PER URBEM.
PAX UT FUNDET OPES, FONS ITA FUNDIT AQUAS.
« De même que l’heureuse paix, conclue par Louis, répandra l’abondance« dans la ville de Paris , ainsi cette fontaine lui prodigue ses eaux. »
Placée à l’angle des deux rues, et sur une espèce de place ou de carrefourtriangulaire, que forment les rues de Vendôme , Chariot et Boucherat, cettefontaine se trouve très-convenablement située. Nous remarquerons en passantque ces trois rues consacrent le nom de trois particuliers bien différents,et par la naissance et par la réputation. En effet, la rue de Vendôme reçutson nom de celui du grand-prieur de Malte, plus connu peut-être aujour-d’hui comme ami et protecteur de Chaulieu, que comme généralissime destroupes de la religion. Chariot donna le sien à la rue de ce nom ; et qu’avait-il fait pour mériter cet honneur? C’était dans l’origine un pauvre paysan duLanguedoc , qui devint riche financier, adjudicataire des gabelles et des fermes,et proprietaire de plusieurs maisons dans ce quartier. Enfin, la fontaine, objetde cette notice, et la rue où elle est située, furent appelées Boucherat, du nomd’un chancelier intègre qui avait succédé à ce fameux Letellier, qui, quelquesjours avant sa mort, signa avec tant de joie la révocation de ledit de Nantes .
Si la fontaine Boucherat n’offre rien de bien remarquable sous le rapportde l’art, elle ne présente du moins aucun des défauts communs aux autres
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