Planche XXXV.
Far l’arrêt de 1671, le roi avait ordonné qu’une fontaine serait construitedans remplacement du Petit-Marché (c’était ainsi qu’on nommait alors lemarché de la foire Saint-Germain). Divers motifs, qui ne nous sont pointconnus, firent penser ensuite que cette fontaine serait plus utilement placéerue Tarane, près de la Charité. Et, en effet, elle y fut élevée quelques annéesplus tard et adossée aux murs de cet hospice , dont elle prit le surnom.
Santeuil la décora d’un distique où il eut soin de rappeler ce voisinage.
QUEM PICTAS APERIT MISERORUM IN COMMODA FONTEM,
INSTAR AQUÆ, LARGAS FUNDERE MONSTRAT OPES.
Dupérier a traduit ces deux vers de la manière suivante ;
Cette eau qui se répand pour tant de malheureux >
Te dit, répands ainsi tes largesses pour eux.
La fontaine de la Charité est d’un caractère simple, et n’est point surchargéed’ornements ; cependant elle n’en est pas pour cela d’un meilleur goût. Pourquoices bouts de pilastres dont on ne voit pas le commencement, et qui n’ontpour chapiteau qu’une partie de corniche ? et pourquoi cette corniche quiforme angle pour le fronton est-elle interrompue au milieu. Du reste, sonensemble n’a rien de repréhensible. Elle se compose d’un petit avant-corpscarré dans sa hauteur et sa largeur. La façade n a pour toute décoration quedes refends au haut desquels sont, comme nous l’avons remarqué, deux boutsde pilastres qui soutiennent le fronton. Au bas de cette façade l’eau coule parun seul robinet, et tombe sur une marche en pierre. Elle est fournie par lapompe à feu du Gros-Caillou.
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