FONTAINE DE LA HALLE-AUX-BLEDS.
Planche XXXVIII.
Ij a colonne au pied de laquelle on a placé un robinet pour la transformeren fontaine publique, était dans l’origine destinée à un tout autre usage.Enfermée dans l’une des cours du palais de Catherine de Médicis , elle y servaitd’observatoire à cette reine trop célèbre. C’est là que, retirée avec quelquescharlatans, Catherine se livrait, en secret, à toutes les folles combinaisons del’astrologie. On sait combien elle était superstitieuse, et avec quelle crédulitéelle accueillait les prédictions des astrologues. A ce sujet, Mézerai raconte uneanecdote qui doit trouver ici sa place. 1
« Un astrologue, dit-il, ayant prédit à Catherine de Médicis quelle mour-« rait près de Saint-Germain, on la vit bientôt fuir superstitieusement tous« les lieux et toutes les églises qui portaient ce nom. Elle n’alla plus à Saint-« Germain-en-Laye, et même, à cause que son palais des Tuileries était sur lak paroisse de Saint-Germain-l’Auxerrois, elle en fit bâtir un autre près de« Saint-Eustache . »
Tel est, suivant Mézerai, et tous les historiens de Paris qui l’ont copié, lemotif auquel on doit l’érection de l’hôtel de la Reine. Mais l’anecdote est - ellebien exacte ? Quel est l’auteur qui l’a rapportée le premier P Est-ce dans desmémoires particuliers quelle a été d’abord puisée ? Il n’entre pas dans notreplan de nous livrer à de pareilles recherches. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’ilest au-moins très-singulier de voir Catherine de Médicis , acquérir en 1072,un terrain pour y faire bâtir un nouveau palais, quand son château desTuileries , commencé en i 564 , n’était pas encore achevé.
Dès l’an 1 A 3 o, il existait un hôtel, ou plutôt un château, sur le terrainqu’occupa depuis le palais de la reine Catherine de Médicis ; au temps dePhilippe-Auguste , cet ancien château était entouré de vignes et de prés. Lesseigneurs de Nesle en étaient possesseurs : il appartint depuis à la Reine